« Au coeur des cendres » d’Hetty Hillessum
Au cœur des cendres est une symphonie à six personnages, une danse à six acteurs, une prière à six chanteurs, une traversée humaine bouleversante, mise en scène par Valérie Castel Jordy
Au cœur des cendres est une symphonie à six personnages, une danse à six acteurs, une prière à six chanteurs, une traversée humaine bouleversante, mise en scène par Valérie Castel Jordy
Depuis quelque temps les « violences faites au femmes » éclatent sur nos écrans comme des poches de sang jetées à la face du monde, il était temps, et pourtant… (Avec Coralie Emilion -Languille)
J’ai assisté à une sortie de résidence de la dernière création de Florence Desnouveaux Comment ma tête s’est dévissée, mon état de grenouille.
Dans le métro parisien, on en est là : condamnés à regarder le bout de nos pieds, tout en ayant à l’œil nos voisins de trajet. C’est devenu ça les transports en commun : une zone à risque, un danger, il faut se replier et surveiller. « attentifs ensemble, veuillez nous signaler tout paquet abandonné ou toute personne présentant un comportement suspect », « si vous êtes témoin d’un harcèlement sexuel veuillez composer le 3117 » Et une fois qu’on a envoyé le sms on retient son souffle jusqu’à l’arrivée des forces de police ?
Demain je serai grand-mère, rien à faire, ainsi va la vie à grands coups de boutoirs.
Demain je serai celle qui n’est pas connectée, qui râle sans arrêt, qui critique et refuse le progrès (je suis quand même en train d’écrire sur mon téléphone dans le RER). L’humain sera « augmenté » et je n’aurai comme prothèse que mon sonotone, mes lunettes et ma canne. Je serai comme ces vieilles têtues qui refusaient le téléphone, l’eau courante et la télé. Comme celui qui me refusa une pompe électrique pour arroser son potager, lui préférant les allers-retours, arrosoir à la main, entre la terre et la rivière.
Le ventre métallique des nouvelles halles parisiennes m’expulse par son escalier mécanique. Éblouie par un invraisemblable soleil d’octobre, je me cogne contre une palissade de chantier. Placardée, une affiche me saisit : la photo noir et blanc d’une femme mince, veste ouverte sur son soutien-gorge triangle, les bras écartés, la tête basculée dans un mouvement de joie extatique. On ne voit pas son visage, juste une mèche de ses cheveux clairs.
Dans mon souvenir, ça a commencé dans les toilettes des aires d’autoroute, j’appuyais joyeusement sur « le petit bonhomme vert qui souriait », ou rageusement sur « le rouge qui faisait la gueule », un peu comme à la maternelle. Je n’ai pas perçu toute de suite la place délétère dans laquelle ce geste me mettait. Je n’imaginais pas être soudain transformée en « assistante en ressources humaines ».
J’avais une maison, c’était ma maison, je ne me posais pas de questions. J’y vivais, sans l’habiter. Un jour j’ai remarqué une petite tâche d’humidité sur le mur du salon. Je n’y ai d’abord pas prêté attention. Les jours ont passé et la tâche s’est agrandie, allongée, élargie. Je ne pouvais plus l’ignorer mais je ne m’en inquiétais pas, car quoi de plus naturel qu’un peu d’humidité dans une maison ancienne ? Jusqu’au jour où le plâtre a commencé à s’effriter, et qu’une fissure est apparue.
Je suis née dans un monde où, quand on avait ce truc qui s’étire et s’érige, on était un garçon. Si on avait cette chose pénétrable, qui saigne tous les mois et qui peut fabrique les bébés, on était une fille, y’avait pas à discuter. J’étais déjà très intriguée de croiser des hommes habillés en femme. En effet, moi qui étais une fille, je ne me reconnaissais pas dans cette image de femme apprêtée et maniérée qu’il renvoyait. L’habit ne fait pas le moine, et le rouge à lèvre ne fait pas la femme. Par contre il semblerait que le bistouri, oui. « On ne naît pas femme, on le devient » ?
C’est la rentrée, on est dans les starting-blocks, résolus et déterminés comme un 1er janvier. À vos marques, prêts, partez !
Nous, artistes et artisans de la parole et des langages symboliques (conteurs, auteurs, poètes, slameurs) héritiers d’une tradition fondée sur les voyages, les migrations, et la libre circulation des personnes et des idées, rappelons que l’hospitalité est source d’enrichissements et d’une créolisation* culturelle féconde. (*Edouard Glissant)
Que toute cité qui ferme sa porte à un étranger et/ou empêche ses citoyens d’exercer librement leur hospitalité, atteint irrémédiablement à sa propre dignité.
Je suis sortie dans les rues désertes et nimbées de lumière, et j’ai constaté une fois encore le lien intime entre mes pieds et ma pensée. Ma tête en friche a vu pointer des pousses d’idées printanières, je les partage donc avec les Insatiables confinés. D’autres n’auront malheureusement pas vu le printemps cette année.
Gare st Lazare 17h, un mercredi. Les gens se pressent et s’oppressent, trop pressés de passer. Au bout du quai des portillons au garde-à-vous attendent l’ordre de mise en service. C’est pour bientôt, tout est prêt. Dans le hall de la gare, les désorientés cherchent la sortie.
Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas exactement d’art qu’on va parler ici, mais naturellement, les choses sont liées puisqu’il s’agit aussi des outils du symbole. Alors voilà, le football professionnel a maintenant sa coupe du monde féminine, retransmise en prime time à la télé. C’est une victoire pour tous et toutes, un pas de plus vers l’égalité, vivent les femmes libérées ! Il est loin le temps où les médecins affirmaient que le corps des femmes n’était pas fait pour le sport. Le carcan mysogine se fissure et cède peu à peu. Pourtant, je n’arrive pas à me réjouir complètement.
L’association Mantoise « Les 400 coups » travaille dans un esprit d’éducation populaire, à soutenir, dans les boucles de la Seine (78) la diffusion, la résidence et la création du théâtre jeune public. Elle met en réseau des salles et favorise la mutualisation, le partage d’expérience et le conseil entre ses membres (20 communes et 32 lieux). Son président Bruno Couvreur fut l’initiateur d’un concept qui a fait des émules : « J’emmène mes parents au théâtre ». Invitée à y présenter mon travail de conteuse, celui de ma compagnie Les Mots Tissés et à parler de l’importance de l’oralité pour les « enfants écrans » d’aujourd’hui, j’avais quinze minutes et mille choses à dire, j’ai donc écrit pour contenir le flot de mes pensées, en voici l’écho.
L’Art depuis le début du confinement n’est plus qu’une promesse. On dépose sur la toile des images et des sons soumis à l’oppression de la séparation, en gage de prochaines retrouvailles. C’est un moyen pour ne pas se perdre totalement, résister à l’engloutissement. L’Art devient aussi vital que l’eau, le feu, l’air et la terre, il devient nécessaire. Mais il n’est plus une expérience collective partagée ou très peu. Il est en cage, comme les bêtes sauvages derrière les grilles ou les vitres d’un zoo, il ne peut plus mordre, mais il peut fertiliser, éveiller, réveiller.
Il y a d’abord eu le copain avec qui on coupait le pain, puis est venu le colocataire qui nous courait sur les nerfs, le codétenu auquel on était tenu, le coéquipier, qui nous cassait les pieds, le coexistant pas toujours marrant, le cohéritier toujours intéressé, le collabo toujours prêt, et ne parlons pas du co-con. Et puis il y a eu le covide, et on a enfin eu la paix…
Plus rien à partager, à négocier, rien que le vide en commun.
Derrière nos écrans de fumée est un docu-fiction disponible sur la plate-forme commerciale Netflix. Sans doute vaut-il mieux éviter de le regarder car au fond il ne fait qu’enfoncer un clou bien planté et qui nuit déjà gravement à notre santé. Ce film montre et démontre en effet comment les GAFA réduisent peu à peu notre humanité à son système dopaminergique de récompense et nous transforment en toxicos narcissico-dépendants. Il expose les outils et les techniques qui nous asservissent et nous réïfient dans une logique mortifère de profit.
L’imaginaire est un organe vital, on ne le sait pas assez. Il a besoin comme les autres organes, d’être nourri pour nous maintenir en vie. L’imaginaire est un organe vital. On ne peut pas vivre sans imaginer, c’est une activité réflexe du corps au même titre que respirer ou battre des paupières, on n’y pense pas, ça se fait. On passe le plus clair de notre « temps de cerveau disponible » à imaginer. On rêvasse et on invente des scénarios à tous propos. On se souvient, on réinvente le passé et on anticipe l’avenir, on le prévoit, on l’organise avant de se diriger vers lui. Toute pensée et toute action s’étaye sur notre capacité d’imagination, c’est une fonction du corps.
L’association Mantoise « Les 400 coups » travaille dans un esprit d’éducation populaire, à soutenir, dans les boucles de la Seine (78) la diffusion, la résidence et la création du théâtre jeune public. Elle met en réseau des salles et favorise la mutualisation, le partage d’expérience et le conseil entre ses membres (20 communes et 32 lieux). Son président Bruno Couvreur fut l’initiateur d’un concept qui a fait des émules : « J’emmène mes parents au théâtre ». Invitée à y présenter mon travail de conteuse, celui de ma compagnie Les Mots Tissés et à parler de l’importance de l’oralité pour les « enfants écrans » d’aujourd’hui, j’avais quinze minutes et mille choses à dire, j’ai donc écrit pour contenir le flot de mes pensées, en voici l’écho.
Scènes sur Seine, une initiative solidaire du Syndicat National des Arts Vivants
1er février 2018 par Karine MAZEL
Connaissez-vous le Good Chance Theatre ? Né dans la jungle de Calais, c’est un centre de création éphémère dédié aux migrants, qui est passé par Londres et Paris. Témoignage et interrogations d’une conteuse engagée qui a participé à ce projet.
Par Karine Mazel, conteuse
Que pourrait être le nouveau conte, étant entendu que le mot « conte » renvoie au sens de « domaine artistique », et non aux contes en tant que genre de la littérature orale ? Une réflexion pour accompagner un mouvement en devenir !
Par Karine Mazel
Une invitation à dépasser les clivages entre les prétendus « gentils conteurs » et les « conteurs rock’n roll » suivi de points de vues de conteur.ses sur « le nouveau conte »
Depuis quelques années les journées ou scènes professionnelles se multiplient dans le milieu du conte, certains affirment même qu’elles deviennent incontournables.
Par Karine Mazel
Rien de nouveau sous le soleil du festival d’Avignon ! Il continue d’être une immense foire aux bestiaux, un miroir aux alouettes pour des centaines de petites compagnies qui viennent s’y brûler les ailes.
Par Karine Mazel
Les arts du conteur et de l’oralité sont, depuis une trentaine d’années, en plein renouveau. C’est une nouvelle discipline du spectacle vivant qui émerge peu à peu, et se structure.
Honneur et respect à Bruno de La Salle
L’imaginaire est un organe vital, on ne le sait pas assez. On ne peut pas vivre sans imaginer, c’est une activité réflexe du corps au même titre que respirer ou battre des paupières, on n’y pense pas, ça se fait.
Par Karine Mazel
Lecture psychanalytique du conte du fiancé animal
Par Karine Mazel
Face à la tendance d’adapter ou de supprimer les contes jugés sexistes, Karine Mazel témoigne de sa réflexion et de sa démarche.
Comment échapper à la « marchandisation » de la parole poétique