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Le contemporain ne cesse d’interroger les contes de tradition orale, qui eux-mêmes l’interrogent. Laïcité, appropriation culturelle, consentement dans les relations intimes, transmission des stéréotypes culturels, de classe et de genre, les vagues de l’actualité se brisent-elles sur le roc d’une littérature orale définitivement dépassée ? En quoi et à quelles conditions peut-elle jouer un rôle de miroir réfléchissant de nos sociétés ? Comment les artistes, les parents et les responsables culturels peuvent-ils naviguer entre les récifs de la censure au nom du respect et ceux d’une liberté sans limites ni conscience ?

Karine Mazel

Author Karine Mazel

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Join the discussion 2 Comments

  • Davidzer dit :

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    Alors que les contes de tradition orale se diffusent désormais massivement via YouTube, TikTok, podcasts et plateformes de streaming, comment cette nouvelle circulation transforme-t-elle leur statut, leur autorité et leur réception ? Peut-on encore parler de « tradition orale » lorsque le récit est figé dans une vidéo, commenté, découpé, détourné, voire « réparé » par des communautés en ligne ? Et dans un espace numérique globalisé, où se croisent des publics aux normes culturelles et morales très diverses, comment les artistes, médiateurs et institutions peuvent-ils faire vivre ces récits sans les réduire à des contenus consensuels, tout en évitant à la fois l’écueil d’une censure moralisatrice et celui d’une liberté déracinée de toute responsabilité éthique ? En d’autres termes, le numérique est-il un simple amplificateur des tensions déjà posées par les contes, ou invente-t-il une forme inédite de leur interrogation contemporaine ?

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  • Davidzer dit :

    Dans les traditions orales, le conte n’est pas seulement un texte : il est un événement, une performance vivante où le corps du conteur, la voix, le regard, le silence et la relation directe avec l’auditoire produisent ensemble une expérience singulière, souvent chargée d’une dimension rituelle ou initiatique. Or, lorsqu’un conte est diffusé sur YouTube, TikTok ou une plateforme de streaming, cette performance est captée, figée, reproductible à l’infini, et consommée hors de son contexte d’énonciation originel. Dès lors, que devient cette dimension rituelle et performative ? Peut-elle survivre à la décontextualisation numérique, ou se trouve-t-elle irrémédiablement transformée, voire neutralisée ? Assistons-nous à l’émergence de nouveaux rituels numériques — commentaires, réactions, partages, mèmes, réparations communautaires — qui réinventent une forme de performance collective, ou assistons-nous au contraire à une perte de ce qui faisait la force expérientielle du conte : la coprésence, l’imprévisibilité, la vulnérabilité partagée entre le conteur et son public ? En d’autres termes, le passage à l’écran modifie-t-il en profondeur notre rapport au conte, et cette modification est-elle une perte, une mutation, ou l’invention d’une autre forme de sacré, propre aux communautés en ligne ?

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